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Yan' Dargent et l'Administration des Beaux-Arts | ![]() |
Les Archives Nationales conservent des documents relatifs aux Beaux-Arts dans la série F/21. Mon passage aux AN, à Pierrefitte-sur-Seine, les 15 et 28 janvier 2026, m'a permis de prendre de nombreuses photos de documents concernant Yan' Dargent. On y trouve trois groupes :
| Peintures | Sculptures | Médailles | Gravures, lithographies | Total | |||
| Commandées | Achetées (*) | Achetées | Commandées | Commandées | Achetées | ||
| Nombre Prix | 209 303.400 fr. | 134 281.900 fr. | 35 116.700 fr. | 46 182.700 fr. | 1 6.000 fr. | 12 25.548 fr. | 916.248 fr. |
(*) dont "L'Intempérance" de Yan' Dargent. Voir mon message du 15/1/2026 et le lien vers mon drive, pour le détail.
Voici quelques points caractéristiques que l'on peut extraire de ce 3è groupe :
Notre artiste peintre a été soutenu vis à vis des Beaux-Arts par de nombreux hommes politiques (maires, députés) dont on peut voir les noms dans les courriers qui suivent et aussi de nombreux amis proches du monde de l'art : le comte de Saint-Roman, le comte de Baillon, Eudoxe Marcille, collectionneur d'art, ... ou bien l'amiral Joseph Romain Desfossés, bien soucieux de la reconstruction et de la décoration de l'église de Landerneau (ci-contre).NB - Ce comte Jacques Raymond de Serre de St-Roman (1812-1874) avait un cousin, Alexandre Jacques de Serre de St-Roman (1770-1843) qui avait épousé à Paris en 1810, Marie-Jeanne-Françoise de Tinteniac, née à Brezal (1776-1855). Mais je ne pense pas que ce soit cette origine qui lui ait fait connaître Yan' Dargent, ce serait plutôt le concert d'Eugénie chez le comte de Nieuwerkerke. Mais, par suite, il ne serait pas surprenant qu'ils aient parlé de Saint-Servais et de Brezal.
Remarque au sujet des archives : il est normal de trouver dans les archives des Beaux-Arts les lettres que l'Administration a reçues. Par chance, nous avons connaissance des lettres envoyées car cette administation a conservé ses brouillons.
Le 28 juillet 1860
Monsieur le ministre,
Vous avez eu l'extrême bonté de me dire qu'aux approches du mois d'août il vous serait possible d'avouer une suite favorable à une demande que je vous ai soumise en faveur de la ville de Landerneau, chef-lieu d'un canton que je représente au Conseil Général du Finistère, et à laquelle j'appartiens par mes plus chers intérêts de famille.
Cette petite ville a entrepris, il y a deux ans la construction d'une nouvelle église paroissiale pour remplacer sa vieille église devenue insuffisante en raison du rapide accroissement de sa population. Pour accomplir cette oeuvre, de grandes difficultés ont dû être surmontées : le conseil de fabrique était pauvre ; la charité publique vivement excitée, lui est venue en aide ; le département de la Marine a fourni le terrain propre à sa construction et, lorsque l'Empereur et l'Impératrice traversèrent Landerneau au mois d'août 1858, Leurs Majestés voulurent bien promettre une assistance qui n'a pas fait défaut, car peu après le département de l'Instruction publique et des cultes fit parvenir au conseil de fabrique une somme de 10.000 francs.
C'est à ce concours de bon vouloir et de généreuse assistance que la ville doit de voir terminer aujourd'hui son église, mais elle est à bout de ressources et c'est pour cette raison que j'ai été mis en demeure de venir à vous, Monsieur le Ministre, et de demander une nouvelle faveur du gouvernement de l'Empereur qui, cette fois, dépend spécialement de votre département : je veux parler d'un tableau, et de vitraux coloriés ou grisailles, mais simples, pour neuf petites fenêtres du choeur dont je suis en mesure d'indiquer la forme et les dimensions.
Si pour donner une suite favorable à ma requête, Monsieur le Directeur général des Beaux-Arts avait à faire l'acquisition d'un tableau d'église, je prendrais la liberté de lui indiquer l'oeuvre d'un jeune artiste (enfant de Landerneau) qui a été vue à la dernière exposition, et que l'auteur, Mr Yan' Dargent, demeurant Rue de l'Ouest 46, cèderait à un prix très peu élevé. Ce tableau a pour sujet un miracle du patron de la petite ville de Landerneau (St Houardon).
J'ai pensé, Monsieur le Ministre et cher ancien collègue, que je serais moins importun en vous écrivant qu'en me présentant moi-même à votre cabinet, mais je me réserve d'aller, avant de partir pour la Bretagne, exprimer encore à votre Excellence, mes sentiments de fidèle gratitude et d'attachement.
Amiral Romain Desfossés
19/6/1866 : Lettre de YD à M. le comte de Nieuwerkerke, sénateur, surintendant des Beaux-Arts : 14 mai 1868.
Mon cher Emilien (1), quelqu'un à qui je suis charmé de pouvoir être agréable me charge de te recommander le paysage de Mr Yan' Dargent, qui est exposé cette année sous le n° 644 : ne serait-il pas possible qu'on en fit l'acquisition pour le musée du Luxembourg ? Enfin je m'en rapporte à ton obligeance qui m'est si bien connue et je ne doute pas que tu ne fasses ce que tu pourras pour rendre service à cet artiste distingué. Crois à toute mon amitié. Baillon.
(1) Je déduis d'après les quelques informations récoltées ici qu'il s'agit de émilien de Nieuwerkerke, né à Paris le 16 avril 1811 et mort à Gattaiola près de Lucques le 16 janvier 1892 est un sculpteur, collectionneur d'œuvres d'art et haut fonctionnaire français du Second Empire. Il devient intendant des beaux-arts de la Maison de l'empereur le 5 juillet 1853, puis surintendant des musées impériaux en 1870.
Paris, le 26 mai 1868.
Mon cher Comte, Baillon a dû vous écrire un mot il y a quelques jours pour vous recommander le tableau de M. Yan' Dargent, qui figure au salon sous le n° 644. Sa jeune femme Mlle Eugénie Mathieu, que j'ai entendu chez vous (2) jouer du piano avec un talent remarquable me prie aussi de vous écrire en faveur de son mari. Elle désirerait vivement que son tableau fut acheté par le gouvernement pour être placé dans la galerie du Luxembourg. Je ne sais pas si ses prétentions sont exagérées, et s'il vous sera possible de faire ce qu'elle désire mais enfin je compte sur votre bienveillance habituelle, persuadé que vous voudrez bien avoir égard à la recommandation de vieux amis et que vous ferez ce que vous pouvez pour ma protégée qui est une jeune et jolie personne, ce qui ne gâte rien à la chose. Veuillez agréer, mon cher comte, l'assurance de mes sentiments les plus dévoués. De St Roman.
(2) Eugénie Yan' Dargent a donc joué du piano chez le comte émilien de Nieuwerkerke.
Monsieur, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, et par laquelle vous exprimez le désir que l'Administration achète le tableau envoyé au Salon par M. Yan' Dargent, et qui représente : "La Roche-Maurice, le soir". J'ai fait inscrire cette demande et je la soumettrai à l'appréciation de M. le Ministre lorsque Son Excellence s'occupera des achats d'oeuvres d'art à l'Exposition.
Monsieur, j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, et par laquelle vous exprimez le désir que l'Administration des Beaux-Arts achète pour être placé au Musée du Luxembourg,le tableau envoyé au Salon par M. Yan' Dargent, et qui représente : "La Roche-Maurice, le soir". J'ai fait inscrire cette demande et je la soumettrai à l'appréciation de M. le Ministre lorsque Son Excellence s'occupera des achats d'oeuvres d'art à l'Exposition et de la répartition qui en sera faite ultérieurement.
Paris, le 26 mai 1868.
Monsieur le Comte. La bienveillance dont vous daignez m'honorer fait supposer aux artistes que je puis leur servir s'intermédiaire auprès de vous : de nombreuses demandes me sont adressées par eux : je serais très indiscret, si je vous les transmettais toutes : il en est une que j'ai promis de vous faire parvenir.
Monsieur Yan Dargent a épousé la fille de M. Mathieu. Cette dame, Monsieur le Comte, a eu l'honneur de se faire entendre comme pianiste à l'un de vos concerts. Madame Yan Dargent m'a écrit pour vous prier de vouloir bien être assez bon pour acheter le tableau fait par son mari, et inscrit au livret sous le numéro 644 "La Roche-Maurice, le soir"
Il est un jeune homme qui expose depuis quatre ans seulement, et qui, chaque année fait de grands progrès. Je n'ai pas prévenu cet artiste nommé Porcher que j'avais l'intention de faire une démarche auprès de vous. Je prends la liberté, Monsieur le Comte, de vous demander si vous pourriez acheter le numéro 2040 "Roscoff à la marée basse", et donner ce tableau au Musée d'Orléans. M. Porcher est né dans cette ville : il est fils de Monsieur Porcher, président de chambre honoraire, et petit-fils de Monsieur de Madinier qui a été pendant longtemps directeur du musée. Cette preuve d'encouragement serait, je crois, précieuse pour M. Porcher et sa famille vous en saurait le plus grand gré.
M. Tourny a un élève qui a 12 ans, et beaucoup de dispositions pour les arts. La mère de cet enfant m'a chargé de m'informer auprès de vous si vous auriez l'obligeance de donner à son fils une carte d'entrée pour étudier dans les salles du Louvre.
Le vous prie, Monsieur le Comte, de vouloir bien me pardonner d'avoir augmenter le nombre de lettres que vous recevez, et d'agréer l'assurance de ma plus haute considération. Eud. Marcille.
Monsieur le Comte, après vos bienveillantes promesses et la chaude recommandation du Comte de St-Roman qui est venue s'y ajouter, j'étais loin de m'attendre au refus que je reçois à l'instant ; je ne puis croire, Monsieur le Comte, que ce refus si net émande de vous si rempli de sollicitude pour les artistes.
J'ai l'honneur de vous exposer qu'obligé de me livrer à de nombreux travaux d'illustration, j'avais besoin d'une commande ou d'un achat pour faire une oeuvre en peinture. J'espère donc que ce refus n'est pas sans appel, que vous voudrez bien m'accorder une audience et qu'au nom de la vive recommandation de Mr de St-Roman vous daignerez ou m'acheter un tableau de tel prix qu'il vous plaira ou me faire l'honneur d'une commande pour la fin de l'année.
Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur le comte, l'expression de ma haute estime et en attendant le jour où j'aurai l'avantage d'être reçu par vous promettez-moi, en me disant très maltraité jusqu'à présent, d'attendre de votre direction si éclairée une compensation prochaine.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le comte, votre très humble serviteur. Yan Dargent 48, rue des Sts Pères.
Le 19 août 1875
Monsieur le Directeur,
La lettre d'achat du tableau "Le Travail" que vous avez bien voulu acquérir à la requête du Maréchal, contient cette mention : "Le tableau livré à Mr Buon, la somme de 1.800 francs sera ordonnancé à votre profit".
Vous avez bien voulu décider avec moi, Monsieur le Directeur, qu'une lettre de Mr Yan' Dargent, annonçant le tableau terminé et donnant la dimension exacte de la toile pour qu'on put faire le cadre, servirait de livraison.
Si cette lettre vous est arrivée, Mr Buon étant absent, voulez-vous avec l'amabilité que vous avez mise à toute cette affaire, m'accuser réception du tableau afin qu'avant mon départ je puisse puisse faire solder à mon mari la somme allouée depuis six mois.
Eugénie Yan Dargent
En raison du prix minime de 1800 francs pour un tableau de six pieds de long sur quatre pieds de haut contenant 6 personnages, demi nature et deux bêtes. Mr Yan' Dargent vous a-t-il dit, Monsieur le Directeur, qu'il espérait que vous voudriez bien le dédommager par une commande. Il a un admirable sujet allégoriqueet religieux à traiter, à peu près dans les mêmes dimensions, ce serait vraiment lui faire bien grand plaisir et aider à une belle oeuvre que de la lui commmander au compte du ministère pour le Salon prochain. Je serai en mesure de vous soumettre l'esquisse
Note au crayon : Le Dr lui a annoncé une réponse prochaine du bureau.
Paris, 22 avril 72.
Monsieur le Directeur,
je me suis rendu chez M. Yan Dargent qui sollicite l'achat de l'un de ses tableaux. L'artiste m'a montré différents sujets, et, parmi eux Le Barde Mort dont il vous a parlé ; mais ce tableau est purement fantastique et je n'ai pas pensé qu'il pût convenir à un musée, même à celui de Quimper, même dans le pays des légendes.
En revanche, M. Yan [sic !] vient de composer, et il l'achève en ce moment, un charmant et remarquable tableau, de genre breton, que tous les musées seraient empressés de recevoir : c'est un Retour des champs. Le mère et la mère reviennent à la maison avec leur vache, sur laquelle ils ont placé le nouveau-né. L'aîné des enfants précède le cortège et les plus jeunes le suivent. Le tableau mesure environ un mètre de haut sur deux de large, l'artiste en demande le prix modeste de 2.000 francs.
Composition, sentiment, couleur locale, tout concourt à faire du Retour des champs une oeuvre distinguée, et j'exprime l'avis que l'administration peut l'acquérir avec confiance.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'hommage de mon respect. ... ... Descamps.
Le directeur a écrit au crayon en bas de la lettre : "Attendre pour proposer l'achat que le tableau soit
achevé (?)et cy amené à nouveau. 3 mai 1872. Plus bas encore écrit en couleur bleue : Oui.
Vous avez bien voulu m'accueillir avec beaucoup de bienveillance, l'inspecteur, Mr Descamps m'écrit qu'il a fait un rapport favorable, j'ai retouché le tableau en question suivant ses indications et je vais être forcé de me rendre à Quimper pour y continuer les travaux de la Cathédrale dont je vous ai entretenu ; veuillez donc, je vous prie, m'accorder l'audience qui doit terminer cette affaire qui, toute modeste qu'elle peut vous paraître, est très importante pour moi. Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur le Directeur, l'expression de mes sentimens les plus distingués. Yan' Dargent. 48, r. des Sts Pères.
Monsieur, je perds énormément de temps à attendre une solution que j'ai sollicitée par deux lettres. Quelle qu'elle soit, qu'on veuille bien me tirer de l'état perplexe où je me trouve, c'est ce que je vous prie, Monsieur, de bien vouloir provoquer. Votre lettre très sympathique m'enhardit à vour demander ce service. Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués. Yan' Dargent.
L'inspecteur Descamps a noté au crayon sur cette lettre : "Monsieur le Directeur veut bien consentir à l'acquisition du tableau qui a fait l'objet d'un rapport de votre serviteur. Descamps. 4 juillet 1872.
Paris, 23 octobre 72.
Monsieur le Directeur,
Voulez-vous me permettre de venir vous rappeler l'engagement que vous avez bien voulu prendre de placer en première ligne au budget voté en novembre prochain le paiement du tableau de Mr Yan' Dargent "Le Travail", que d'après votre bienveillante autorisation a été remis le 8 août au dépôt des oeuvres acquise, rue de l'Université. Je demande, Monsieur le Directeur que le bon vouloir si aimable témoigné par vous lorsque j'ai eu l'honneur de vous voir, accueille Cette lettre. Je vous prie d'en agréer mes remerciements et de croire à ma haute estime.
Eugénie Yan' Dargent. 48, rue des Sts Pères
Paris, le 6 avril 73.
Monsieur le Directeur,
Quel moyen dois-je employer pour obtenir de vous l'envoi du mandat destiné à solder le tableau du travail. J'ai en main depuis le mois de juin dernier la lettre de Monsieur Descamp m'annonçant aimablement qu'il venait d'obtenir de vous-même l'achat du tableau de Mr Yan' Dargent. La lettre officielle tardant de six semaines quoiqu'annoncée comme devant arriver trois jours après. Trois demandes d'audiences vous ont été faites, Monsieur le Directeur ; la dernière a été accordée à la recommandation de Mr Pichat, mon mari étant absent j'ai eu l'honneur ainsi que ma mère de me présenter à votre direction et j'ai reçu de vous Monsieur, après un accueil très bienveillant, l'autorisation d'envoyer le tableau au dépôt des oeuvres achetées, et l'engagement formel qu'il serait payé sur les fonds votés en décembre suivant. Depuis, Monsieur le Directeur, j'ai eu l'honneur de vous rappeler deux fois cette promesse. Comptant que la parole d'un homme de votre mérite équivaut à tous les actes possibles, je ne m'explique pas ce long retard et j'attends que vous fassiez droit à une si juste réclamation.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expresion de ma haute estime. Eugénie Yan' Dargent. 48 Sts Pères.
Madame, Je n'ai pas un souvenir bien précis de la conversation que nous avons eue au sujet du tableau de M. Yan-Dargent. Si l'acquisition vous a été promise aussi formellement que vous le dites, vous pouvez compter qu'elle se fera prochainement, c'est-à-dire pendant le cours de l'exposition qui va bientôt s'ouvrir.
Je regrette, Madame, ce malentendu, je ne trouve au dossier qu'une note de M. Descamps, qui dit en effet que j'ai promis, mais ordinairement j'écris moi-même au dossier la mention de mes promesses quand elles sont absolues et formelles.
Quoiqu'il en soit, Madame, je comprendrai le tableau de M. Yan' Dargent dans le très prochain travail d'acquisition, et le paiement suivra de très près.
Veuillez agréer, Madame, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
Creach-André en St Pol de Léon (Finistère).
Monsieur le Directeur,
Vous avez bien voulu me promettre tout votre appui pour Mr Yan' Dargent auprès du Préfet de la Seine relativement aux derniers travaux qui seront commandés par la ville. En envoyant au préfet la demande faite d'après votre bienveillant conseil, je viens réclamer cet appui tout-puissant, en vous offrant toute ma gratitude et en joignant à l'expression de ma haute estime les profonds respects de mon marie. Eugénie Yan' Dargent.
" Monsieur le Directeur, arrivé de Bretagne, je réclame de vous la faveur d'un moment d'entretien. Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur le Directeur, mes remerciements pour le sursis que vous avez bien voulu m'accorder et l'expression de mes sentimens les plus distingués. Yan' Dargent. 48, r. des Sts Pères."
YD fait-il allusion à sa demande de délai du 20/3/1872 pour livrer un tableau ?
Vendredi 13 juin 73.
Monsieur le directeur,
Mon mari suivant votre bienveillant conseil a vu en vous quittant Monsieur Michaud qui l'a assuré de son bon vouloir. Aussi protégé de vous et appuyé de lui, j'attends de l'avenir pour Mr Yan' Dargent une commande sérieuse qui mette en relief ses aptitudes si grandes pour les décorations religieuses et le sorte de cet oubli dans lequel il avait été laissé depuis bien des années par le gouvernement. Puis-je à cette occasion me permettre de vous rappeler l'aimable lettre que vous avez bien voulu m'écrire vous même et qui me disait que le tableau du "Travail" compris par vous dans les oeuvres achetées cette année serait soldé dans le plus bref délai.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, je vous prie avec tous mes emerciements l'assurance de ma haute estime. Eugénie Yan' Dargent.
P.S. Occupé comme vous l'êtes, Monsieur le Directeur, il serait original de vous demander une audience pour aller vous offrir nos compliments au sujet du Musée des Copies. Permettez-moi donc de vous dire ici toute l'admiration que nous lui donnons et combien nous le croyons appelé à retremper le sens artistique et à élever notre estéthique.
Paris, le 22 juin 73.
Monsieur le directeur,
Vous me permettrez n'est-ce pas de venir encore me rappeler à votre souvenir. Vous devez être tellement accablé de demandes dans ces derniers jours d'exposition que je veux vous redire encore que compte sur votre bienveillante promesse et que devant partir en voyage j'attends avec impatience le mandat destiné à solder le tableau du "Travail" déposé l'an dernier rue de l'Université et compris par vous Monsieur le Directeur dans les achats de cette année.
Veuillez agréer je vous prie l'expression de ma haute considération et mes remerciements. Eugénie Yan' Dargent. 48, Sts Pères.
Monsieur, je vous remercie de la bonne réception que vous avez faite à Mme Yan' Dargent et à ma belle-mère et tout heureux de pouvoir vous remercier personnellement de vos bons soins de l'an passé je trouve ma dette augmentée à votre endroit par tout ce que votre bonne grâce à su nous épargner de demandes dans le solde de mandat.
Agréer, Monsieur, l'assurance de ma haute considération et croyez au plaisir que j'aurai à aller vous dire cela lorsque je serai à Paris. Yan' Dargent.
2 juillet 73.
Monsieur le Directeur,
Je vous remercie mille fois pour moi et mon mari d'avoir bien voulu acheter le "Retour des champs". Nous acceptons le prix que vous avez bien voulu fixer à 2.000 francs. Le tableau ayant été remis le 6 août 72 au dépôt des tableaux achetés, rue de l'Université, je pense que cela équivaut à l'envoi au Palais de l'Industrie que vous m'indiquez. Donc nous attendons, sauf un nouvel avis de votre part, le mandat destiné à solder ce tableau et en vous offrant l'expression de ma gratitude je réclame de votre bienveillance, Monsieur le Directeur, l'appui que vous avez bien voulu promettre à Mr Yan' Dargent pour les tableaux à fresques de la ville de Paris.
Veuillez agréer l'expression ma haute estime je vous prie Monsieur le Directeur. Eugénie Yan' Dargent.
Monsieur, J'ai l'honneur de vous informer que M. le Ministre a bien voulu sur ma proposition, acquérir au prix de 1.800 francs, votre tableau ayant pour sujet "Le Travail". Veuillez livrer le tableau à M. Buon, Inspecteur des Beaux-Arts, au Palais des Champs Elysées. Cette condition remplie, la somme de 1.800 francs sera ordonnancée à votre profit.
Le directeur des Beaux-Arts certifie que M. Yan' Dargent a livré un tableau ayant pour titre "Le Travail", lequel tableau a été acquis par décision ministérielle du 12 février 1875, et qu'en conséquence cet artiste a droit au payement de la somme de 1.800 francs prix alloué pour cette acquisition. Paris, le 17 septembre 1875.
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| André J. Croguennec - Page créée le 5/2/2026. | |